Acte III — CNRD 2025–2026

Témoigner et prouver les crimes

La parole des survivants, les corps et les registres, les grands témoins.

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Qui témoigne ? La parole des survivants

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S35 — La parole après l’abîme

Séquence 10 — Qui témoigne ? La parole des survivants

Survivants libérés du camp de Bergen-Belsen, photographiés par les soldats britanniques — avril 1945 — IWM BU 4031

Ouvrir la parole : des millions de survivants face à un monde qui ne veut pas encore entendre

En mai 1945, l’Europe sort de la guerre avec des plaies que nul ne mesure encore pleinement. Des centaines de milliers de rescapés juifs, tziganes, politiques, surgissent des camps libérés, des marches de la mort, des cachés. Ils portent un témoignage d’une violence absolue que leurs proches, leurs sociétés, parfois leurs propres familles, peinent à recevoir. Certains parlent immédiatement, avec une urgence morale : il faut que le monde sache, avant que l’oubli ne recouvre tout. D’autres se taisent pendant des années, voire des décennies, pris dans le traumatisme, la honte du survivant, l’incroyable solitude du retour. Entre 1945 et 1948, la parole se construit néanmoins sous des formes multiples — orale dans les procès, écrite dans les mémoires, d…

Photographie • Survivants de Bergen-Belsen • avril 1945 • IWM • https://www.iwm.org.uk/collections/item/object/205194337

S35

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S36 — Cartographie des témoins : directs vs extérieurs

Séquence 10 — Qui témoigne ? La parole des survivants

Survivant témoignant devant le TMI, Nuremberg — 1946 — NARA RG 238

Général Eisenhower et presse alliée à Ohrdruf — avril 1945 — Eisenhower Library

Deux catégories de témoins aux fonctions complémentaire…

Les témoins directs — déportés, Sonderkommandos, survivants des marches de la mort — parlent depuis l’intérieur du système exterminateur. Leur parole est irremplçable : elle nomme l’expérience vécue de la dé…

Photographie • Témoin survivant au procès TMI • 1946 • NARA RG 238

Photographie • Eisenhower et presse à Ohrdruf • avril 1945 • Eisenhower Library

S36

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S37 — Les formes du témoignage : oral, écrit, visuel

Séquence 10 — Qui témoigne ? La parole des survivants

Questionnaire du CDJC rempli par un rescapé — Paris, 1945 — Mémorial de la Shoah / CDJC

Trois modes d’expression d’une expérience indicible

Le témoignage oral prend corps dans les procès : affidavits sous serment devant le Tribunal militaire international, dépositions enregistrées dans les camps de personnes déplacées, auditions devant les commissions d’enquête alliées. Cette parole publique a une force juridique décisive. Le témoignage écrit prend de multiples formes : journaux intimes rédigés pendant la captivité, mémoires rédigés immédiatement après la libération (Primo Levi termine « Si c’est un homme » dès janvier 1946), questionnaires systématiques distribués dans les camps DP par le CDJC et l’UNRRA. Ces formulaires standardisés permettent une collecte à grande échelle. Le témoignage visuel — dessins, croquis exécutés pendant ou juste après la captivité —…

Ce que prouve ce document

Le questionnaire CDJC démontre la systématisation de la collecte du témoignage dès…

Document • Questionnaire CDJC rempli par un rescapé • 1945 • Mémorial de la Shoah / CDJC

S37

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S38 — Eisenhower ordonne : filmer, photographier, inviter

Séquence 10 — Qui témoigne ? La parole des survivants

Général Eisenhower avec Patton et Bradley devant les corps des déportés à Ohrdruf — 12 avril 1945 — NARA RG 111

La décision stratégique de documenter l’horreur pour l’Histoire

Le 12 avril 1945, le général Dwight D. Eisenhower, commandant suprême des forces alliées en Europe, visite le camp sous-camp de Ohrdruf en compagnie des généraux Patton et Bradley. Ce qu’il découvre — des centaines de cadavres, des survivants réduits à l’état de squelettes — le bouleverse profondément. Mais Eisenhower ne se laisse pas submerger : il agit immédiatement. Dans les heures qui suivent, il envoie un câble personnel au général Marshall, chef d’état-major, lui demandant de faire venir en urgence des parlementaires américains et des journalistes de la grande presse. Sa justification est limpide et visionnaire : « Je prévois que beaucoup diront un jour que tout ceci n’est pas arrivé. » Il ordonne que chaque cam…

Source primaire

Câble Eisenhower à Marshall, 15 avril 1945 • Eisenhower Library, Abilene, Kansas •…

Photographie • Eisenhower, Patton, Bradley à Ohrdruf • 12 avril 1945 • NARA RG 111-SC-203461

S38
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Les corps et les registres : prouver par le concret

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S39 — Sterbebücher et listes de convois

Séquence 11 — Les corps et les registres : prouver par le concret

Page du Sterbebuch (registre des décès) d’Auschwitz, vol. I — 1941–1943 — Bundesarchiv Berlin

La bureaucratie nazie s’est documentée elle-même jusqu’à sa propre condamnation

L’une des particularités les plus saisissantes du système nazi est qu’il a produit une masse colossale de documents administratifs : registres de décès (Sterbebücher), listes nominatives de convois, rapports statistiques sur l’« évacuation » des Juifs, correspondances entre la SS et la Reichsbahn sur les tarifs des trains de déportation. Le rapport Korherr, commandé par Himmler en 1943, dénombre avec précision l’avancement de la « Solution finale » chiffre par chiffre. Les Sterbebücher d’Auschwitz — trente volumes couvrant 1941 à 1943 — enregistrent les décès selon des causes de mort falsifiées mais avec une méticuleuse précision bureaucratique. Ces documents saisis par les Alliés dans les archiv…

Ce que prouve ce document

Les Sterbebücher d’Auschwitz démontrent la nature systématique et planifiée du meur…

Document • Sterbebuch d’Auschwitz, vol. I • 1941 • Bundesarchiv Berlin-Lichterfelde • BArch NS 3/438

S39

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S40 — Les corps comme archives : Larson, tatouages, objets

Séquence 11 — Les corps et les registres : prouver par le concret

Pathologiste américain procédant à une autopsie dans un camp libéré — 1945 — NARA RG 153

Quand le corps des victimes devient lui-même une pièce à conviction

Après la libération, les corps des victimes constituent un témoignage matériel que nul ne peut falsifier. Le colonel Dr Charles Larson, pathologiste en chef de l’armée américaine, effectue des autopsies dans plus de vingt-cinq camps libérés entre avril et juin 1945. Ses rapports médicaux établissent scientifiquement les causes réelles de mort : malnutrition extrême, coups, exécutions systématiques. Ces rapports seront versés aux dossiers de Nuremberg. Les numéros tatouis sur l’avant-bras des survivants d’Auschwitz — unique système de matriculation par tatouage dans tout l’univers concentrationnaire — deviennent eux-mêmes des preuves vivantes. Chaque numéro correspond à une entrée dans les registres. Enfin, les montagnes d’objets person…

Ce que prouvent ces preuves matérielles

Les objets accumulés prouvent l’échelle industrielle du meurtre : aucun autre…

Photographie • Autopsie camp libéré • 1945 • NARA RG 153

S40

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S41 — Les exhumations : Babi Yar, Ponary, Chelmno

Séquence 11 — Les corps et les registres : prouver par le concret

Sept. 1941Babi Yar
1942–1944Chelmno
Sept. 1943Op. 1005 SS
1944–45Ponary
1945–46Commissions

Des massacres à leur découverte : chronologie des grandes exhumations (1941–1946)

Rapport de la Commission soviéto-polonaise d’exhumation, Babi Yar — 1946 — NARA RG 238

Retrouver les corps pour établir irréfutablement les faits

Les fosses communes constituent la preuve ultime et inamövible des massacres de masse. À Babi Yar (Kiev), 33 771 Juifs ont été fusillés en deux jours par l’Einsatzgruppe C (29–30 septembre 1941) : c’est le plus grand massacre en un seul site de toute la Shoah par balles. À Chelmno (Pologne), premier centre d’extermination opérationnel dès décembre 1941, les corps ont été brülés dans le cadre de l’Opération 1005 — la tentative SS de destruction systématique des preuves. Les commissions d’enquête soviétiques et polonaises exhument les fosses entre 1944 et 1946. Leurs rapports, versés au dossier de Nuremberg, rendent impossible la négation des exécutions de masse.

Document • Rapport commission exhumation Babi Yar • 1946 • NARA RG 238 / Archives Ukraine

S41
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Les grands témoins : ceux qui ont trouvé les mots

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S42 — Primo Levi : « Si c’est un homme »

Séquence 12 — Les grands témoins : ceux qui ont trouvé les mots

Primo Levi à Turin, année de la rédaction de « Si c’est un homme » — 1946 — Archives Einaudi

Primo Levi (1919–1987)

Chimiste • Déporté à Auschwitz-III Monowitz • janvier 1944 – janvier 1945

Arreté en décembre 1943 comme partisan en Italie, Primo Levi est déporté à Auschwitz en février 1944. Sa formation de chimiste lui permet d’intégrer le laboratoire d’une entreprise chimique liée au camp, ce qui lui sauve la vie. Il est libéré par l’Armée rouge le 27 janvier 1945. De retour à Turin, il rédige « Se questo è un uomo » entre décembre 1945 et janvier 1946, en 11 mois, avec une urgence morale absolue. Le livre est refusé par Einaudi e…

Photographie • Primo Levi à Turin • 1946 • Archives Einaudi

« Considérez si c’est un homme / Que celui qui travaille dans la boue / Qui ne connaît pas la paix / Qui se bat pour un morceau de pain. » — Poème liminaire de « Si c’est un homme », 1947

S42

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S43 — Rousset et Kogon : rendre les camps compréhensibles

Séquence 12 — Les grands témoins : ceux qui ont trouvé les mots

David Rousset, prix Renaudot 1946 pour « L’univers concentrationnaire » — Paris, 1946 — BNF

Eugen Kogon, auteur de « Der SS-Staat » — Francfort, 1946 — Bundesarchiv

Du témoignage vécu à l’analyse systématique…

David Rousset, ancien déporté à Buchenwald et Neuengamme, publie en 1946 « L’univers concentrationnaire » (prix Renaudot). Il forge un concept décisif : les camps ne sont pas une aberration mais un système co…

Photographie • David Rousset • Paris 1946 • BNF / Gallica

Photographie • Eugen Kogon • Francfort 1946 • Bundesarchiv

S43

S44 — Viktor Frankl : le témoignage comme reconstruction

Séquence 12 — Les grands témoins : ceux qui ont trouvé les mots

« Celui qui a un « pourquoi » peut supporter presque tous les « comment ». Ce que nous avions été continuait à exister, à valoir quelque chose. » — Viktor Frankl, « Decouvrir un sens à sa vie », 1946

Viktor Frankl en conférence à Vienne — 1946 — Viktor Frankl Institut Wien

Viktor Frankl (1905–1997)

Psychiatre viennois • Déporté à Theresienstadt, Auschwitz, Kaufering, Türkheim

Viktor Frankl, fondateur de la logothérapie, a perdu toute sa famille dans les camps. Libéré en avril 1945, il rédige « Ein Psycholog erlebt das Konzentrationslager » en neuf jours, en 1945, comme s’il craignait que la mémoire s’en aille. Publié en 1946, traduit sous le titre « Man’s Search for Meaning », le livre devient l’un des plus vendus du siècle, avec plus de 12 millions d’exemplaires en 24 langues. Sa th…

Photographie • Viktor Frankl • Vienne 1946 • Viktor Frankl Institut Wien

S44
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Les procès secondaires : descendre dans la chaîne du crime

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S45 — Les 12 procès subséquents de Nuremberg (1946–1949)

Séquence 13 — Les procès secondaires : descendre dans la chaîne du crime

P. 1 — 1946–47Médecins Code Nuremberg
P. 3 — 1947Juristes justice nazie
P. 4 — 1947Pohl / SS-WVHA économie camps
P. 9 — 1947–48Einsatzgr. 90 000 meurtres
P. 11 — 1948Ministères adm. génocide

Les 12 procès subséquents — 185 accusés, 37 condamnations à mort

Salle d’audience du tribunal militaire américain, Nuremberg — 1947 — NARA RG 238

Après le TMI : descendre dans toute la chaîne de responsabilité

Conduits sous juridiction américaine exclusive entre 1946 et 1949, les 12 procès subséquents de Nuremberg jugent 185 accusés appartenant aux différentes structures du système criminel nazi : médecins et scientifiques SS, juristes et juges ayant appliqué les lois raciales, dirigeants de l’administration économique des camps (SS-WVHA), officiers des Einsatzgruppen, hauts fonctionnaires des ministères, industriels d’IG Farben et Krupp. 37 condamnations à mort sont prononcées. Ces procès établissent la responsabilité individuelle à tous les niveaux de la hiérarchie : l’exécution des ordres ne suffit pas à exonérer.

Photographie • Tribunal militaire américain, Nuremberg • 1947 • NARA RG 238

S45

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S46 — Le procès des médecins et le Code de Nuremberg (1947)

Séquence 13 — Les procès secondaires : descendre dans la chaîne du crime

Accusés du procès des médecins dans le box — Nuremberg, 1946–1947 — NARA RG 238

Des corps expérimentés sans consentement : quand la médecine devient instrument du crime

Le premier des 12 procès subséquents — dit « procès des médecins » — juge 23 médecins et scientifiques SS (décembre 1946 – août 1947). Leurs crimes : expériences d’hypothérmie sur des détenus de Dachau, expériences de dépression atmosphrique pour les pilotes de la Luftwaffe, greffes osseuses à Ravensbrück, stérilisation forcée de masse, injection de bactéries pathogènes. Les témoins : des dizaines de survivants de ces expériences qui se dévêtent en salle d’audience pour montrer leurs cicatrices. Le jugement, rendu le 19 août 1947, inclut le Code de Nuremberg : 10 principes définissant les conditions éthiques de l’expérimentation médicale sur l’être humain. Consentement volontaire obligatoire, libérté de re…

Texte de référence

Jugement procès des médecins, 19 août 1947, inclus dans : Avalon Project, Yale Law Sc…

Photographie • Accusés procès des médecins • Nuremberg 1947 • NARA RG 238

S46

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S47 — Raphaël Lemkin : forger le mot « génocide »

Séquence 13 — Les procès secondaires : descendre dans la chaîne du crime

Raphaël Lemkin à l’Assemblée générale de l’ONU — New York, 1948 — NARA

Nommer pour condamner : la création d’un concept juridique mondial

En 1944, dans son ouvrage « Axis Rule in Occupied Europe », le juriste polonais Raphaël Lemkin forge le mot « génocide », du grec genos (race, peuple) et du latin cide (meurtre). Il désigne par ce terme la destruction systématique et intentionnelle d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux. Avant ce mot, il n’existait pas de catégorie juridique internationale pour nommer ce crime spécifique. Lemkin a perdu 49 membres de sa famille dans la Shoah. Il consacre les années 1945–1948 à un travail de lobbying intense auprès des délégations de l’ONU. Son effort aboutit le 9 décembre 1948 : la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide est adoptée à l’unanimité par l’Assemblée…

Texte de référence

Raphaël Lemkin, « Axis Rule in Occupied Europe », 1944 • Convention ON…

Photographie • Raphaël Lemkin à l’ONU • 1948 • NARA

S47

S48 — Otto Ohlendorf : la confession froide d’un massacreur

Séquence 13 — Les procès secondaires : descendre dans la chaîne du crime

« Les Einsatzgruppen avaient pour mission d’exterminer les Juifs, les Tsiganes, et les commissaires politiques soviétiques. C’est ce que nous avons fait. »

— Otto Ohlendorf, déposition devant le Tribunal militaire international, Nuremberg, 3 janvier 1946

La déposition qui a glacé la salle : 90 000 morts confirmés à la barre

Otto Ohlendorf, chef de l’Einsatzgruppe D opéran…

Otto Ohlendorf au box des accusés, procès TMI — Nuremberg, janvier 1946 — NA…

Photographie • Ohlendorf déposition TMI • janvier 1946 • NARA RG 238 / Harvard HLSL

S48

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S49 — Rudolf Höss pendu à Auschwitz le 16 avril 1947

Séquence 13 — Les procès secondaires : descendre dans la chaîne du crime

Potence dressée devant le crématoire I d’Auschwitz pour l’exécution de Höss — 16 avril 1947 — Archives État polonais

La justice rendue sur les lieux mêmes du crime : un acte sans précédent

Rudolf Höss, commandant d’Auschwitz de 1940 à 1943, est capturé par les Britanniques en 1946 sous une fausse identité. Extradé vers la Pologne en janvier 1947, il est jugé par le Tribunal suprême national polonais à Varsovie du 11 au 29 mars 1947. Face aux juges, il confirme sous serment avoir supervisé le meurtre d’au moins 2 500 000 personnes à Auschwitz — nombre qu’il révisera à la baisse dans ses mémoires : 1 1000 000 à 1 500 000, selon les statistiques SS. Condamné à mort, il est pendu le 16 avril 1947 sur une potence dressée spécialement devant le crématoire I du camp d’Auschwitz I, à l’endroit même où il avait exercé son pouvoir de vie et de mort. C’est l’une des rares fois dans l’hist…

Source

Archives d’État polonaises • Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau • NARA…

Photographie • Exécution Rudolf Höss, Auschwitz • 16 avril 1947 • Archives État polonais

S49
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Les limites du témoignage : silence, doute, résistance

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S49 — Pourquoi les survivants se taisent

Séquence 14 — Les limites du témoignage : silence, doute, résistance

Rapatrié de déportation à son arrivée à Paris, regard absent — Hôtel Lutetia, 1945 — Mémorial de la Shoah / CDJC

Le silence majoritaire : pourquoi la plupart des survivants ont tu leur expérience pendant des années

La majorité des survivants de la Shoah gardent le silence sur leur expérience dans les années 1945–1960. Ce silence n’est pas un oubli : c’est une stratégie de survie psychologique et sociale. Ses causes sont multiples. Le traumatisme : l’expérience vécue est si extrême que le langage ordinaire ne peut la contenir. « On ne peut pas raconter Auschwitz » revient comme une litanie. La honte du survivant : pourquoi moi et pas les autres ? Cette culpabilité irrationnelle mais puissante paralyse. L’incrédulité des proches : les familles, les voisins, dépassés par ce qu’ils entendent, minimisent inconsciemment. La nécessité de « faire sa vie » : reconstruire une existence exige de mett…

Référence historiographique

Annette Wieviorka, « L’Ère du témoin », Plon 1998 • USHMM • Mém…

Photographie • Rapatriés, Hôtel Lutetia, Paris • 1945 • CDJC / Mémorial de la Shoah

S49

S50 — « On ne voulait pas savoir » : l’incrédulité

Séquence 14 — Les limites du témoignage : silence, doute, résistance

« Quand je racontais ce que j’avais vu et subi, les gens me regardaient avec des yeux écarillés, puis changeaient de sujet. Ce n’était pas la méchanceté : c’était l’impossibilité d’entendre. »

— Témoignage d’un rescapé recueilli par le CDJC, Paris, 1946 (Archives Mémorial de la Shoah)

L’incrédulité comme mécanisme de protection collective

En 1945–1946, les sociétés française, britanniqu…

Accueil des déportés à l’Hôtel Lutetia, Paris — avril 1945 — CDJC / M…

Photographie • Retour des déportés, Hôtel Lutetia • Paris, avril 1945 • CDJC / Mémorial de la Shoah

S50

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S52 — L’URSS et Katyn : la justice à géométrie variable

Séquence 14 — Les limites du témoignage : silence, doute, résistance

Exhumation des fosses de Katyn par la commission allemande — 1943 — Bundesarchiv

Quand le vainqueur cherche à faire juger son propre crime : l’affaire Katyn à Nuremberg

En avril 1943, les forces allemandes annoncent la découverte de fosses communes dans la forêt de Katyn, près de Smolensk : 22 000 officiers, policiers et intellectuels polonais exécutés d’une balle dans la nuque. L’URSS accuse immédiatement l’Allemagne nazie. La commission internationale, composée de médecins de douze pays, conclut que les meurtres ont eu lieu au printemps 1940 — quand ces territoires étaient sous occupation soviétique. À Nuremberg, les procureurs soviétiques incluent Katyn dans l’acte d’accusation contre les nazis. Mais les preuves s’avèrent accablantes contre l’URSS : le tribunal écarte simplement ce chef d’accusation sans se prononcer. Le silence de Nuremberg sur Katyn illustre la limite de l…

Source

Bundesarchiv • NARA • Archives russes déclassées 1990 • USHMM • Institut polonais de…

Photographie • Exhumation fosses Katyn • 1943 • Bundesarchiv

S52