Acte I — CNRD 2025–2026

De la libération à la décision de juger

Printemps 1945. Les armées alliées avancent. Les camps s'ouvrent. L'Europe découvre l'horreur.

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L’effondrement
Photographie · Liberation of Bergen-Belsen · 15 avril 1945 · IWM BU 3756
Photographie · Liberation of Bergen-Belsen · 15 avril 1945 · IWM BU 3756

S1 — L’effondrement

Séquence 1 — L’effondrement

Printemps 1945. L’Europe se fracture. Les armées alliées avancent d’ouest en est, les Soviétiques de l’est, et partout sur leur passage, ils trouvent les camps. Les images qui parviennent alors à l’Occident sont indicibles. Pour la première fois, le monde voit ce que le nazisme a produit — non comme une abstraction politique, mais comme des corps, des entassés, des regard vides. Cette séquence suit quatre moments de cet effondrement : la libération des camps, l’impossibilité de sauver immédiatement, la survie après la survie, et la question qui s’impose — que faire des bourreaux ?

LÉGENDE-SOURCE : Photographie • Liberation of Bergen-Belsen • 15 avril 1945 • Imperial War Museum, Londres • IWM BU 3740

S1
Carte · Liberation of Major Nazi Camps, 1944–1945 · USHMM
Carte · Liberation of Major Nazi Camps, 1944–1945 · USHMM

S2 — 1944–1945 : l’univers concentrationnaire s’effondre

Séquence 1 — L’effondrement

1944–1945 : l’univers concentrationnaire nazi s’effondre

Juil. 1944 — Majdanek libéré par l’Armée rouge : premier grand camp découvert

27 jan. 1945 — Auschwitz libéré : 7 000 survivants, archives partiellement intactes

15 avr. 1945 — Bergen-Belsen libéré par les Britanniques : 60 000 survivants

29 avr. 1945 — Dachau libéré par les Américains, 32 000 détenus

8 mai 1945 — Capitulation de l’Allemagne nazie

Un système qui tue encore en s’effondrant

Entre juillet 1944 et mai 1945, les Alliés libèrent l’un après l’autre les grands camps nazis. Mais l’effondrement du Reich ne signifie pas la fin immédiate de la mort : les marches forcées organisées par les SS pour évacuer les camps devant l’avancée alliée tuent entre 10 000 et 15 000 détenus rien qu’au départ d’Auschwitz. Jusqu’au dernier moment, le système cherche à effacer ses traces et à éliminer les témoins.

LÉGENDE-SOURCE : Carte • Liberation of Nazi Camps, 1944-1945 • USHMM • encyclopedia.ushmm.org/content/en/article/liberation-of-nazi-camps

S2
Photographie · Bergen-Belsen après la libération · Avril 1945 · USHMM
Photographie · Bergen-Belsen après la libération · Avril 1945 · USHMM

S3 — Libérer n’est pas sauver

Séquence 1 — L’effondrement

Libérer n’est pas sauver immédiatement

Le 15 avril 1945, la 11e division blindée britannique pousse les grilles de Bergen-Belsen. Les soldats — des hommes aguerris par cinq ans de guerre — s’arrêtent, incapables d’avancer. Ils trouvent 60 000 survivants, la majorité rongée par le typhus, la dysenterie ou la tuberculose. Et 13 000 corps non enterrés. Le brigadier Glyn Hughes, directeur médical de la 2e armée britannique, coordonne l’aide d’urgence avec des équipes de 96 étudiants en médecine volontaires venus de Londres. Malgré ces efforts massifs, 13 994 personnes meurent encore dans les semaines qui suivent la libération. En mars 1945 seul, 18 168 détenus étaient morts dans le camp. Libérer les portes ne suffit pas : le mal est trop profond, trop long. Pour des milliers de survivants, la mort arrive après la libération.

LÉGENDE-SOURCE : Photographie • Bodies at Bergen-Belsen • Avril 1945 • Imperial War Museum • IWM BU 3751

S3
Document · Report of Earl G. Harrison · Août 1945 · Eisenhower Presidential Library
Document · Report of Earl G. Harrison · Août 1945 · Eisenhower Presidential Library

S4 — Sortir des camps, survivre encore

Séquence 1 — L’effondrement

Sortir des camps, survivre encore

En 1945, au moins 11 millions de personnes sont déplacées en Europe : anciens détenus, travailleurs forcés, réfugiés. Les Alliés leur donnent un nom juridique — Displaced Persons (DP) — et confient leur gestion à l’UNRRA dès octobre 1945. Mais pour les survivants juifs, le retour est souvent impossible : maisons pillées, familles exterminées, antisémitisme persistant. Le pogrom de Kielce (4 juillet 1946) tue 42 Juifs revenus chez eux. En 1945, 250 000 Juifs vivent dans des camps de DP — certains jusqu’en 1952. Survivre aux camps n’était que le début d’une autre épreuve.

Le rapport Harrison (août 1945)

Envoyé de Truman en août 1945, Harrison révèle que des Juifs survivants sont détenus sous garde armée américaine. Son rapport force une réforme immédiate et crée le statut de non-rapatriable.

LÉGENDE-SOURCE : Rapport officiel • Report to President Truman: The Plight of Displaced Jews • Août 1945 • Eisenhower Presidential Library • NAID 12007695

S4
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Décider de juger : le débat entre les Alliés
Photographie · Robert H. Jackson, discours d'ouverture · 21 novembre 1945 · NARA
Photographie · Robert H. Jackson, discours d'ouverture · 21 novembre 1945 · NARA

S5 — Juger ou exécuter ? Le débat qui fonde tout

Séquence 2 — Décider de juger : le débat entre les Alliés

Oct. 1943Déclaration de Moscou
Jan. 1945Mémorandum Stimson
Juin 1945Mission Jackson
20 nov. 1945Ouverture du procès

1943–1945 : trois ans pour choisir entre la vengeance et le droit

8 août 1945 Charte de Londres

Déclaration de Moscou — Plan Morgenthau — Mission Jackson — Charte de Londres — Ouverture du procès

Quatre puissances, quatre visions. L’URSS plaide pour un procès expéditif à verdict prédéterminé, dans la tradition des procès staliniens des années 1930 — démontrer la culpabilité pour légitimer les réparations de guerre. Le Royaume-Uni de Churchill privilégie les exécutions sommaires des 50 à 100 chefs nazis identifiés, sans procès ni risque d’acquittement. La France, affaiblie et humiliée, suit dans un premier temps la position britannique. Les États-Unis sont divisés : Morgenthau (Trésor) veut désindustrialiser l’Allemagne et exécuter sans jugement ; Stimson (Guerre) exige un procès régulier. C’est Stimson qui l’emporte, soutenu par les juristes militaires américains. Ce qui tranche : Roosevelt choisit Stimson en janvier 1945, Truman maintient ce cap à sa mort en avril. La Conférence de Londres (juin–août 1945) force les quatre puissances à s’accorder sur un texte commun : la Charte du 8 août, qui fonde le tribunal et définit ses quatre chefs d’accusation.

LÉGENDE-SOURCE : Carte chronologique • Allied decisions on war crimes trials, 1943–1945 • USHMM / Holocaust Encyclopedia • encyclopedia.ushmm.org

S5
Portrait officiel · Henry L. Stimson · vers 1940 · Library of Congress / Harris & Ewing
Portrait officiel · Henry L. Stimson · vers 1940 · Library of Congress / Harris & Ewing

S6 — Henry Stimson : l’homme qui a sauvé le procès

Séquence 2 — Décider de juger : le débat entre les Alliés

Henry L. STIMSON

Secrétaire à la Guerre des États-Unis • 1867–1950

Juriste de formation, républicain conservateur, Stimson a servi sous cinq présidents. En 1944, alors que Churchill et Morgenthau plaident pour des exécutions sommaires des dirigeants nazis, il est le seul membre du cabinet Roosevelt à s’y opposer frontalement. Son argument est double : exécuter sans procès déshonorerait les démocraties et priverait l’histoire d’un témoignage irréfutable. Son mémorandum du 27 janvier 1945, adressé directement à Roosevelt, retourne la décision. Il faut, écrit-il, “établir la culpabilité de ces hommes par des procédures judiciaires régulières”. Roosevelt tranche en sa faveur.

“Il faut que la culpabilité soit établie par des procédures judiciaires régulières, et non par un décret des vainqueurs.”

“Il faut que la culpabilité soit établie par des procédures judiciaires régulières, et non par un décret des vainqueurs.”

RÉF. CITATION : Mémorandum • Memorandum on the Proposed Trial and Punishment of the Major Axis War Criminals • 27 janvier 1945 • Henry L. Stimson, US Department of War • National Archives NARA RG 107

S6

ARCHIVE : Photographie de la Conférence de Londres, juin–août 1945 — Les délégués des quatre puissan

S7 — La Conférence de Londres : six semaines pour fonder un droit

Séquence 2 — Décider de juger : le débat entre les Alliés

La Conférence de Londres (26 juin – 8 août 1945) : six semaines pour inventer un tribunal

Le 26 juin 1945, représentants des quatre puissances s’installent à Londres pour 43 jours de négociation. Les tensions sont réelles : l’URSS résiste à la responsabilité individuelle, les Britanniques veulent limiter les chefs d’accusation. Jackson impose l’architecture finale : quatre chefs, quatre nations juges, un acte commun. Le 8 août, la Charte est signée.

Ce que règle la Charte en 43 jours

Crée le TMI • définit 3 catégories de crimes • responsabilité pénale individuelle • enregistrée aux Nations Unies.

LÉGENDE-SOURCE : Photographie • London Conference on Military Trials, 1945 • National Archives NARA / Library of Congress • avalon.law.yale.edu/imt/imt.asp

S7
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Fonder le tribunal : la Charte de Londres

S8 — 8 août 1945 : naissance d’un tribunal sans précédent

Séquence 3 — Fonder le tribunal : la Charte de Londres

Oct. 1945Désignation des accusés
18 oct. 1945Acte d’accusation
1er nov. 1945Accusés entendus
20 nov. 1945Ouverture du procès

8 août – 20 novembre 1945 : de la signature à l’ouverture du procès

8 août 1945 Charte + Accord signés

Un tribunal inédit : quatre nations, un seul acte d’accusation

Le 8 août 1945, les quatre puissances signent simultanément la Charte du Tribunal militaire international et l’Accord de Londres. C’est la première fois dans l’histoire qu’un tribunal international est créé pour juger les dirigeants d’un État vaincu. Dix semaines plus tard, l’acte d’accusation est notifié à vingt-quatre accusés. Le procès s’ouvre le 20 novembre 1945 dans la salle 600 du Palais de Justice de Nuremberg.

LÉGENDE-SOURCE : Document juridique • Charter of the IMT • 8 août 1945 • Avalon Project Yale • avalon.law.yale.edu/imt/imtconst.asp

S8

S9 — Les quatre chefs d’accusation

Séquence 3 — Fonder le tribunal : la Charte de Londres

Quatre chefs, une architecture : du complot au crime contre l’humanité

Chef 1 — Complot : conspiration collective pour commettre des crimes contre la paix. Chef 2 — Crimes contre la paix : planification et déclenchement d’une guerre d’agression. Chef 3 — Crimes de guerre : violations des lois et coutumes de la guerre, meurtre, travail forcé, pillage. Chef 4 — Crimes contre l’humanité : extermination, réduction en esclavage, persécutions raciales ou politiques. Les chefs 1 et 2 sont une nouveauté absolue : jamais un dirigeant n’avait été jugé pour avoir voulu une guerre.

LÉGENDE A : Doc. juridique • Indictment (chefs 1-2) • 18 oct. 1945 • Harvard HLSL • nuremberg.law.harvard.edu

LÉGENDE B : Doc. juridique • Indictment (chefs 3-4) • 18 oct. 1945 • Harvard HLSL • nuremberg.law.harvard.edu

ARCHIVE : Acte d’accusation, chefs 1 et 2 — 18 octobre 1945 — Harvard Law School HLSL

ARCHIVE : Acte d’accusation, chefs 3 et 4 — 18 octobre 1945 — Harvard Law School HLSL

S9

S10 — Les crimes contre l’humanité : une notion nouvelle

Séquence 3 — Fonder le tribunal : la Charte de Londres

S10 — Les crimes contre l’humanité : quand un État assassine ses propres citoyens

Définition : un crime contre l’humanité est un acte inhumain — meurtre, extermination, réduction en esclavage, déportation, persécution — commis contre une population civile, y compris les ressortissants de l’État auteur. C’est la révolution de l’Article 6(c) : avant Nuremberg, le droit international ne protégeait pas un peuple contre son propre gouvernement. En incluant les persécutions raciales et religieuses, la Charte vise directement l’extermination des Juifs d’Europe — sans utiliser le mot génocide, forgé par Raphael Lemkin en 1944 mais absent de la Charte. Cette notion survivra à Nuremberg et fondera, en 1998, le Statut de Rome de la Cour pénale internationale.

Article 6(c) : une rupture avec le droit des gens classique

Art. 6(c) : premier texte de droit international qualifiant de crime les actes d’un État contre ses propres citoyens.

LÉGENDE-SOURCE : Doc. juridique • Charter of the IMT, Article 6(c) • 8 août 1945 • Avalon Project Yale • avalon.law.yale.edu/imt/imtconst.asp

S10

S11 — La responsabilité individuelle : fin de l’immunité des chefs d’État

Séquence 3 — Fonder le tribunal : la Charte de Londres

S11 — Articles 7 et 8 : personne n’est au-dessus du droit

Définition : la responsabilité pénale individuelle signifie que chaque personne répond personnellement de ses actes, quelle que soit sa fonction ou l’ordre reçu. L’Article 7 dispose que la qualité officielle d’un accusé — chef d’État, ministre, officier supérieur — ne constitue ni un motif d’exonération ni une circonstance atténuante. Avant Nuremberg, la doctrine classique protégeait les dirigeants derrière l’immunité souveraine. L’Article 8 complète cette rupture : le fait d’avoir agi sur ordre d’un supérieur ne libère pas l’accusé de sa responsabilité. Ces deux articles posent ensemble le fondement du droit pénal international moderne — repris en 1998 par le Statut de Rome.

Articles 7 et 8 : la double rupture de Nuremberg

Art. 7 : aucune immunité pour rang ou fonction. Art. 8 : l’obéissance aux ordres n’exonère pas.

LÉGENDE-SOURCE : Doc. juridique • Charter of the IMT, Articles 7-8 • 8 août 1945 • Avalon Project Yale • avalon.law.yale.edu/imt/imtconst.asp

S11
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Nuremberg : le choix du lieu et des hommes

ARCHIVE : Vue aérienne de Nuremberg en ruines, automne 1945 — NARA / USAAF Photography

S13 — Nuremberg, novembre 1945 : une ville en ruines choisie pour juger

Séquence 4 — Nuremberg : le choix du lieu et des hommes

Une ville détruite à 90 %, choisie pour ce qu’elle symbolise

En novembre 1945, Nuremberg est à 90 % détruite par les bombardements alliés. Ses rues ne sont que gravats. Pourtant c’est ici, dans cette ville martyre de la propagande nazie, que les vainqueurs choisissent de tenir le premier procès pénal international de l’histoire. Ce choix n’est pas un hasard : c’est un geste politique, symbolique et logistique à la fois. Nuremberg avait été le théâtre des grands rassemblements du parti nazi depuis 1933 et le berceau des lois raciales de 1935. Y rendre justice, c’est refermer symboliquement le cycle ouvert par Hitler.

LÉGENDE-SOURCE : Photographie aérienne • Nuremberg after Allied bombing • Automne 1945 • NARA / USAAF • archives.gov

S13

ARCHIVE : Photographie du Palais de Justice de Nuremberg (Justizpalast), 1945 — seul grand bâtiment

S14 — Pourquoi Nuremberg ? Quatre raisons pour un choix symbolique

Séquence 4 — Nuremberg : le choix du lieu et des hommes

Nuremberg : lieu de la gloire nazie transformé en lieu du jugement

Quatre raisons expliquent le choix de Nuremberg. Raison 1 — Symbolique : ville des congrès du parti nazi depuis 1933, Nuremberg est le berceau des lois raciales de 1935 qui portent son nom. Y juger les coupables renverse publiquement le régime sur son propre terrain. Raison 2 — Pratique : le Palais de Justice (Justizpalast) est presque intact, disposant de la seule grande salle d’audience encore fonctionnelle en zone américaine. Raison 3 — Logistique : la prison jouxtant le Palais permet d’incarcérer les accusés à quelques mètres de la salle d’audience — sécurité maximale. Raison 4 — Politique : la ville est en zone d’occupation américaine, ce qui donne aux États-Unis un contrôle de fait sur la logistique tout en maintenant la façade des quatre puissances.

Le Justizpalast : seul grand bâtiment judiciaire debout

Le Justizpalast fut épargné par les bombardements alliés — certains historiens notent que ce n’est peut-être pas entièrement un hasard.

LÉGENDE-SOURCE : Photographie • Nuremberg Palace of Justice, 1945 • NARA • archives.gov

S14

S15 — Les lois de Nuremberg (1935) et le tribunal de Nuremberg (1945) : même ville, deux droits opposés

Séquence 4 — Nuremberg : le choix du lieu et des hommes

“Nuremberg avait été choisi avec soin. C’était là que le parti nazi avait tenu ses grands rassemblements. C’était de là qu’étaient parties les lois qui avaient dépouillé les Juifs de leur citoyenneté. Il convenait que ce soit là que la justice fut rendue.”

1935 → 1945 : dix ans séparent les lois de la honte du tribunal de la justice

Les lois de Nuremberg du 15 septembre 1935 avaient officiellement exclu les Juifs de la citoyenneté allemande et interdit les mariages mixtes — première étape législative de l’extermination. Dix ans plus tard, dans la même ville, ce sont les auteurs de ces lois et de leurs conséquences qui comparaissent à la barre. Ce retournement symbolique fut pleinement conscient : Jackson évoqua explicitement les lois de Nuremberg dans son discours d’ouverture pour montrer que le procès ne se tenait pas “contre” l’Allemagne, mais au nom du droit universel que le nazisme avait piétiné.

“Nuremberg avait été choisi avec soin. C’était là que le parti nazi avait tenu ses grands rassemblements. C’était de là qu’étaient parties les lois qui avaient dépouillé les Juifs de leur citoyenneté. Il convenait que ce soit là que la justice fut rendue.”

RÉF. CITATION : Ouvrage • Telford Taylor, Anatomy of the Nuremberg Trials • 1992 • Little, Brown and Company

S15

S12 — Les vingt-deux accusés : visages du Reich

Séquence 4 — Nuremberg : le choix du lieu et des hommes

Vingt-deux hommes, une hiérarchie : du haut commandement aux bureaucrates de l’extermination

Chefs militaires (Keitel, Jodl, Dönitz), dirigeants politiques (Göring, Hess, Ribbentrop), responsables économiques (Schacht, Speer), administrateurs des territoires (Frank, Frick), propagandistes (Streicher). Hitler est mort le 30 avril 1945 ; Bormann jugé par contumace. Ce choix couvre tous les rouages du régime pour établir la preuve d’une conspiration d’ensemble.

LÉGENDE A : Photographie • Defendants in the dock at Nuremberg • Nov. 1945 • NARA / USHMM • ushmm.org

LÉGENDE B : Doc. juridique • Indictment, list of defendants • 18 oct. 1945 • Harvard HLSL • nuremberg.law.harvard.edu

ARCHIVE A : Photographie des accusés au banc, Palais de Justice de Nuremberg, novembre 1945 — NARA /

ARCHIVE B : Liste officielle des accusés, acte d’accusation du 18 octobre 1945 — Harvard HLSL Seq. N

S12

ARCHIVE : Photographie de la cabine de traduction simultanée, Nuremberg 1945 — NARA / Eisenhower Pre

S16 — La traduction simultanée : une première mondiale

Séquence 4 — Nuremberg : le choix du lieu et des hommes

S16 — Quatre langues simultanées : l’invention d’une justice multilingue

Avant Nuremberg, aucun tribunal international n’avait jamais tenu une procédure dans quatre langues simultanément. Le système IBM de traduction simultanée — mis au point par la société Filene-Finlay — permit aux accusés, juges, avocats et témoins de s’exprimer chacun dans leur langue maternelle, avec une restitution immédiate en anglais, français, russe et allemand via des écouteurs. Chaque locuteur portait un signal lumineux : vert = vitesse normale, orange = parler plus lentement, rouge = stop. Ce système révolutionna la pratique judiciaire internationale et resta en usage à l’ONU jusqu’au développement des systèmes numériques modernes.

Un outil technique qui garantit l’équité du procès

Sans traduction simultanée, le procès aurait duré des années. IBM estime que le système multiplia la vitesse des débats par un facteur 4 — rendant Nuremberg juridiquement viable.

LÉGENDE-SOURCE : Photographie • Simultaneous translation booth, IMT courtroom • 1945 • NARA / Eisenhower Presidential Library • eisenhower.archives.gov

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